Comment en parler sans avoir l'air ridicule ? Bonne question. On parle de crise de la quarantaine et de la crise de la cinquantaine, mais on a carrément oublié les pauvres bébés de la génération Y.
Ce moment gênant où tu te sens comme un être inadapté à son environnement. Un peu comme un petit poisson d'aquarium qu'on lâche à l'océan en disant "Nage et débrouille toi !". L'océan c'est beau, c'est grand et pleins d'opportunités. Mais c'est surtout vaste, ça fait peur, et c'est rempli de prédateurs. Ça, le petit poisson d'aquarium l'ignore encore. Pour le moment, il est excité à l'idée de goûter à la liberté. Face à réalité, le rêve retombera rapidement.
Ce petit poisson, c'est moi. Depuis quelques mois, je suis confrontée à un début de vie d'adulte : fin de cursus, alternance en entreprise, première vraie paie et des balades en voiture mais aussi, premières galères administratives, questionnement sur l'avenir, gestion du budget, etc.
J'avoue avancer dans un des brouillards les plus épais que j'ai pu connaître jusqu'ici. Je me contente de mettre un pied devant l'autre en espérant ne pas me prendre de mur ou tomber dans un trou.
Mon quotidien se résume à une remise en cause de ce que je suis et du monde qui m'entoure.
J'ai l'impression d'avoir grandi trop vite et d'avoir perdu cette âme d'enfant qui me permettait de vivre ma vie comme si j'étais dans un livre passionnant. Je n'ai pas eu de transition lente et efficace me permettant de me poser les bonnes questions aux bons moments. C'est surement normale. Parfois, j'ai l'impression de subir mes émotions au lieu de les contrôler. Une critique peut ruiner ma journée et me faire poser tout un tas de question sur ce que je suis.
Je ne peux pas dire qu'aujourd'hui que je suis celle que j'espérais devenir. Mais je ne perds pas espoir, un long chemin m'attend. Je suis prête à me lancer dans la vie et découvrir celle que je pourrais devenir.
Ma dernière année d'étude s'achève. Je travaille désormais. J'ai un mémoire à faire. J'ai l'impression de ne rien savoir de la vraie vie, la vie d'adulte. Il faut gérer tellement de choses. J'ai un salaire mais la thune part bien trop vite. Ça dégringole. Le pire du pire, c'est vraiment la voiture. Un vrai gouffre.
Passons, je ne pensais pas que le monde de l'entreprise me plairait si peu. Il y a tellement de normes et de non-dits que je ne pige pas. Je suis là. Je débarque de ma petite vie étudiante où finalement on se marrait bien même si je me plaignais beaucoup.
Je me suis beaucoup plainte au lieu de profiter à fond. Je regrette un peu je l'avoue.
J'ai beaucoup de projets en tête et je n'arrive pas à me lancer. Je trouve ça dommage et triste. Je sais que dans ma famille on est souvent comme ça. On aime tout sans avoir de réel passion et on ne va pas toujours au bout de ce que l'on commence.
Ma relation avec les autres
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